Un héritage en musique
Dans le quartier Limoilou, à Québec, le jeune Pierre Lachance sait déjà qu’il deviendra médecin. Curieux et appliqué, il développe toutefois très tôt une autre passion qui marquera toute sa vie : la musique. Sa mère, en particulier, encourage ses enfants à apprendre la musique. Malgré des moyens modestes, ses parents trouvent les ressources nécessaires pour leur offrir des cours de musique. Pierre découvre alors un univers qui ne le quittera jamais.
Bien plus qu’un loisir, la musique devient une véritable école de vie.
« Dès mon jeune âge, la musique a été intégrée à mon développement personnel. Elle m’a permis d’acquérir des compétences qui dépassent largement le cadre musical : la concentration, la mémoire, la rigueur, la patience et même une certaine compréhension des mathématiques. Autant d’habiletés qui m’ont servi pendant mes études universitaires et tout au long de ma carrière », résume-t-il.
Au service des autres
En 1981, Pierre Lachance obtient son doctorat en médecine à l’Université Laval et réalise ainsi le rêve de son enfance. Au moment du cégep, il hésite brièvement entre ses deux passions. Il comprend toutefois rapidement qu’il ne souhaite pas faire du piano une profession. Il préfère que la musique demeure un refuge, une source d’équilibre au sein d’une carrière qu’il sait exigeante.
Sa formation l’amène à exercer la médecine familiale dans divers milieux. Pendant de nombreuses années, il travaille à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec. Parallèlement, il pratique à la Clinique médicale Saint-Louis et s’engage auprès de clientèles particulièrement vulnérables. Il contribue notamment au maintien à domicile des personnes âgées. Il travaille en soins prolongés et palliatifs et, dans les années 1980, il œuvre auprès des personnes atteintes du VIH en phase terminale à la Maison Marc-Simon.
Après plus de vingt ans passés à l’urgence, en clinique et auprès de clientèles vulnérables, Pierre Lachance ressent le besoin de relever de nouveaux défis et d’explorer d’autres façons de contribuer à l’avancement de la médecine. C’est dans cet esprit qu’il participe à la création du Centre de recherche Saint-Louis.
« L’objectif était de contribuer autrement à l’évolution de la médecine en permettant la réalisation d’études cliniques nécessaires au développement de nouveaux traitements, de vaccins et de molécules thérapeutiques », explique-t-il.
Au fil des années, le centre connaît une croissance importante et poursuit aujourd’hui sa mission grâce à une nouvelle génération de professionnels et de gestionnaires engagés dans l’avancement des connaissances médicales.
Une passion à transmettre
Malgré toutes ces réalisations, la musique est demeurée au cœur de son quotidien. Comme médecin, Pierre Lachance a également été témoin de ses effets bien réels auprès des patients.
« Lorsqu’on effectue des visites à domicile ou qu’on accompagne des personnes en soins palliatifs, on constate le pouvoir remarquable de la musique. J’ai vu tant de fois la musique apaiser, réconforter et même raviver des souvenirs chez des personnes atteintes de maladies graves », raconte-t-il.
Cette expérience n’a fait que renforcer sa conviction que la musique contribue au bien-être des individus et de la collectivité.
C’est ce qui l’a amené à soutenir la Faculté de musique de l’Université Laval, notamment par l’entremise du Fonds de soutien à l’Université des jeunes musiciens. Ce programme permet à de jeunes passionnés de développer leur talent dans un environnement stimulant, peu importe leur situation financière.
Ce choix fait écho à sa propre histoire. Il se souvient de ses parents qui, malgré des ressources limitées, trouvaient toujours le moyen de lui offrir des leçons de piano. À son tour, il souhaite que d’autres jeunes puissent vivre cette expérience sans devoir y renoncer pour des raisons financières.
« Donner pour la formation en musique, c’est permettre aux talents de se développer et d’offrir à tous, universitaires ou non, de grands moments de bonheur et d’émotion. Qui n’écoute pas de musique pour se détendre, travailler, étudier, danser, chanter, s’entraîner ou simplement se sentir bien? La musique fait partie de nos vies. »
La valeur de la culture
Par cet engagement exceptionnel, Pierre Lachance devient le 70e membre du programme philanthropique Les Cent-Associés de l’Université Laval, un jalon à la fois symbolique et significatif. « Si j’ai choisi de poser ce geste, c’est aussi parce que je crois qu’il est naturel de redonner lorsque les circonstances nous le permettent. »
Derrière le médecin et le philanthrope se trouve un homme qui a toujours accordé une grande importance au savoir, à la culture et à la générosité. « Beaucoup de gens accordent peu d’attention à l’immatériel et se concentrent davantage sur le matériel, observe-t-il. Pourtant, la culture devrait occuper une plus grande place dans nos vies. Les expériences culturelles apportent autant de joie et d’enrichissement que les biens matériels. Il faut assister à des concerts, visiter des musées, voir du théâtre. »
En soutenant la formation de jeunes musiciens, Pierre Lachance souhaite offrir bien davantage qu’un apprentissage artistique. Par ce geste de partage inspiré des valeurs transmises par ses parents, il espère contribuer à l’épanouissement de la prochaine génération.
« Je leur souhaite de s’épanouir dans ce qu’ils aiment, dans ce qu’ils découvrent et apprennent. Et surtout, d’avoir le privilège de trouver du plaisir et du bonheur chaque jour, comme j’ai eu la chance de le vivre tout au long de ma carrière médicale. »