Nicholas Pedneault et Jessie Boissonneault
Nicholas Pedneault et Jessie Boissonneault, 65e membres du programme philanthropique Les Cent-Associés de l'Université Laval

Nicholas Pedneault et Jessie Boissonneault

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« Dans la vie, il n’y a pas que la persévérance. La chance, les circonstances, les rencontres comptent aussi. Et quand ces astres s’alignent, on a la responsabilité de partager ce qu’on a reçu. »

Nicholas Pedneault et Jessie Boissonneault forment un couple inspirant, dont l’ouverture et la quête de sens guident l’action philanthropique. Profondément attachés à leur alma mater, ils soutiennent l’Université Laval par un don exceptionnel au Rouge et Or et à FSA ULaval, faisant d’eux les 65e membres du programme Les Cent-Associés.

 

L’Université, la rencontre et une étincelle inattendue

Au détour d’un couloir du pavillon Palasis-Prince, entre deux cours à la Faculté des sciences de l’administration, leurs chemins se croisent. Puis les rencontres suivantes, lors de soirées étudiantes, vont tisser les premiers fils d’une complicité à toute épreuve et d’une histoire d’amour qui leur donnera trois enfants.

À ce moment, Jessie a amorcé un baccalauréat en sciences de la consommation, qu’elle termine à FSA ULaval avec un certificat en planification financière. Nicholas, lui, a quitté son petit village de Champlain, en Mauricie, pour faire un baccalauréat en sciences de l’administration. Le jeune homme, avant tout passionné de musique et de tennis, ignore encore où ce choix le mènera.

Le tournant arrive avec le professeur Guy Charest, qui lui transmet l’amour de la finance. Ce personnage singulier, qui encore au début des années 90 écrit tout à la main, force au travail acharné et à la « vraie vie », décèle tout ce potentiel que Nicholas n’a pas su voir en lui-même. « L’école ne m’avait jamais captivé, se souvient-il. Lui m’a fait réaliser que j’étais bon dans quelque chose au niveau académique. Ce fut la première vraie grosse tape dans le dos de ma vie. »

 

Des salles de classe à un succès pancanadien

Malgré ce déclic, une chose demeure certaine : pas question de reprendre les rênes de l’entreprise familiale, Congébec, un fournisseur de services réfrigérés pour le secteur alimentaire fondé par son père. « Je ne me voyais pas entrepreneur, ce qui me faisait tripper, c’était la finance. Je rêvais à Wall Street ou à la Caisse de dépôt, pas aux congélateurs. Je cherchais à être ma propre personne », raconte-t-il. D’autant plus que, pour un créatif comme lui, la finance semble le terrain de jeu idéal. Car oui, selon lui, analyser une entreprise, c’est comme apprécier une œuvre d’art; il faut être capable de comprendre la vision, le savoir qui se cachent derrière les résultats.

Mais la vie, encore une fois, lui ouvrira une porte qu’il n’avait pas entrevue. Après ses études, il accompagne son père dans la recherche de financement pour amener l’entreprise à prendre de l’expansion, elle qui ne compte alors que 10 employés. Il y découvre le goût du défi, l’envie d’aller toujours plus loin et un rôle qu’il fera sien.

Nicholas participera à la croissance extraordinaire de Congébec à partir de ce moment-là. Il deviendra président et chef de la direction en 2015 en rachetant son père, faisant de l’entreprise un joueur majeur en logistique alimentaire au Canada.  L’entreprise, contrôlée depuis 2020 par Nicholas et son équipe, compte quelque 600 employés à travers le pays.

 

Trouver sa voie par les détours

Les années passent. Pour Nicholas, la réussite valorise, elle rassure. Peut-être a-t-il vraiment trouvé son chemin… Mais au-delà des apparences, une question persiste : à quoi tout cela sert-il ? « Je ne sais pas si j’ai toujours aimé ce que j’ai fait, mais j’ai toujours aimé le succès que j’avais. Jusqu’à réaliser que mesurer la réussite par l’argent, c’est vide », confie-t-il sans détour.

Cette quête de sens le ramène vers Jessie, vers les valeurs qu’ils partagent et veulent léguer à leurs enfants. Car Jessie a aussi réalisé une brillante carrière pendant plus de vingt ans en planification financière, avant de changer de vie en 2019. « Je ne me sentais plus à ma place et je désirais me tourner vers quelque chose de plus humain. J’ai voulu m’impliquer socialement », témoigne-t-elle. Ce cheminement les pousse à vouloir créer, ensemble, ce sens qui semblait leur échapper.

 

La Fondation PedPub, de la cuisine à la philanthropie

C’est ainsi qu’en 2023 naît la Fondation PedPub. Tout a commencé à la maison : les enfants leur envoyaient des photos de leurs soupers en écrivant « ce soir au PedPub! ». Le jeu est devenu un projet, puis une véritable fondation philanthropique. Un logo a vu le jour, que Nicholas et Jessie se sont tous deux fait tatouer pour leurs 20 ans de mariage.

Le PedPub, c’est bien plus qu’un clin d’œil. C’est l’aboutissement d’un profond besoin de faire œuvre utile. Et par la même occasion, de changer de perspective. Maintenant, Nicholas ne voit plus sa carrière du même œil. « J’avais du talent pour les affaires alors j’ai foncé avec des œillères, admet-il. Mais il y a une phrase que je répète aux entrepreneurs que j’entraîne à l’École d’Entrepreneurship de Beauce : Rester fixé sur des buts longuement recherchés amène parfois à manquer de meilleures alternatives.

Il se donne en exemple, et se décrit comme « un gars qui a monté une montagne et qui, arrivé en haut, s’est demandé s’il avait monté la bonne ». À ses côtés, Jessie ajoute : « Dans la vie, il n’y a pas que la persévérance. La chance, les circonstances, les rencontres comptent aussi. Et quand ces astres s’alignent, on a la responsabilité de partager ce qu’on a reçu. »

C’est cette idée qu’ils tentent de transmettre par leur fondation et, plus récemment, par leur engagement d’exception envers l’Université Laval. Ce don majeur de 1 million de dollars est réparti entre des bourses d’études au Rouge et Or et à FSA ULaval et un appui au Club de tennis, sport dont Nicholas est encore passionné.

Pour ce dernier, c’est désormais évident : les affaires l’ont mené à la philanthropie. « Maintenant, poursuit-il, je sais pourquoi je suis entrepreneur, et mes objectifs sont 10 fois plus gros que ceux que j’avais dans le temps. Quand tu peux prendre ton but, qui est la réussite, et le mettre au service des autres, ça change tout. Je ne me suis jamais senti aussi utile et sur la bonne montagne! »

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