Carmen Vézina et Serge Villeneuve forment un couple animé par un profond attachement à l’Université Laval. Elle soutient la Faculté de pharmacie, lui, la Faculté de musique. Ensemble, ils incarnent une philanthropie réfléchie et en évolution.
Une fidélité qui se prolonge
Ils font partie de ceux qu’on voit et revoit. Depuis des années, ils répondent présents. Aux invitations, aux événements, à ces moments qui font vivre la communauté universitaire. Leur implication ne s’est jamais interrompue. Comme si une part d’eux-mêmes était restée à l’Université Laval — et continuait d’y vivre.
Pour Carmen Vézina, ce lien est indissociable de son parcours. Diplômée de la Faculté de pharmacie, elle y a consacré une grande partie de sa carrière, où elle a enseigné et contribué au développement de plusieurs programmes. Reconnue pour sa rigueur et sa grande disponibilité, elle a marqué des générations d’étudiantes et d’étudiants. « L’Université m’a tellement apporté, autant sur le plan professionnel que personnel. C’est un milieu de vie qui m’a permis de devenir qui je suis », confie-t-elle.Son conjoint, Serge Villeneuve, a un parcours moins linéaire. Il a fréquenté trois universités durant sa formation en débutant par le programme d’architecture de l’Université Laval. Puis, il a obtenu sa licence en droit et son admission à la Chambre des notaires à l’Université de Montréal. Une vingtaine d’années plus tard, par intérêt personnel, il est revenu à l’Université Laval pour compléter une mineure en théâtre. Né et résidant à Québec, il se sent sur le campus comme chez lui, entre les matchs de tennis au PEPS et les concerts à la salle Henri-Gagnon.
Deux causes, un engagement
Aujourd’hui à la retraite, le couple avance dans un quotidien toujours bien actif. Leurs enfants ont grandi, leur vie s’est stabilisée. Alors vient ce moment où l’on commence à regarder autrement ce que l’on possède — non plus seulement comme un acquis, mais comme une possibilité.
Carmen est donatrice depuis plus de vingt ans à la Faculté de pharmacie, appuyant le Fonds d’enseignement et de recherche. Un geste qu’elle renouvelle naturellement pour une université envers laquelle elle est profondément reconnaissante.
De son côté, Serge a choisi d’appuyer la Faculté de musique. Un choix qui peut surprendre, lui qui n’a jamais évolué dans ce milieu. Mais il suffit de l’écouter pour comprendre ; il faut l’entendre parler de ses séjours à Haïti, comme observateur international d’élections. Il raconte les rues, la pauvreté, la dureté des conditions. Et puis, quelque chose vient tout éclairer : des sons et des voix. « Ce qui m’a frappé, c’est de voir ces gens-là qui avaient si peu, mais qui chantaient tout le temps, le sourire aux lèvres, se souvient-il. Partout où j’allais, il y avait des mélodies, des rythmes. Malgré la misère, ils étaient peut-être, à certains égards, plus heureux que nous. Ça m’a fait réaliser à quel point la musique est essentielle dans notre monde. Elle adoucit les mœurs et nous permet d’habiter la vie autrement. »
Son engagement s’est aussi nourri de rencontres et de projets concrets, notamment le Lab extraordinaire du professeur Jean-Philippe Després. Cette initiative éducative est destinée à des jeunes avec des déficiences intellectuelles et non verbaux, pour leur permettre de s’exprimer à leur façon à travers la musique. Sensible à ces retombées, il a choisi d’appuyer une faculté à taille humaine, proche de ses valeurs, où il peut voir clairement la portée de son geste.
« On contribue à plusieurs causes, on aide nos petits-enfants bien sûr… mais on espère aussi transmettre certaines valeurs. »

Donner autrement
C’est également Serge qui a introduit au sein du couple une nouvelle manière de faire de la philanthropie : le don d’actions. Une approche encore méconnue, mais dont il a perçu tout le potentiel. « C’est un levier fiscal très intéressant pour les gens qui ont un peu d’argent et possèdent des actions. Je me suis renseigné moi-même, puis j’en ai parlé à mon conseiller financier. Je pense que c’est une discussion que les gens devraient avoir, parce que ça en vaut vraiment la peine », dit-il.
Inspirée par cette approche, Carmen a choisi, pour la première fois cette année, de faire aussi un don d’actions à la Faculté de pharmacie. « Grâce à ça, j’ai même doublé le montant que je donne habituellement », déclare-t-elle. Ça ne change pas ses raisons de donner, mais ça lui permet d’en faire plus, sans se priver ni changer son rythme de vie.
Et déjà, ils pensent à ceux qui suivront. À ces nouvelles générations plus informées sur la finance et la bourse, qui pourront, à leur tour, saisir cette opportunité.
Une philanthropie d’avenir
Au-delà du soutien financier, leur démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur le sens du don. « Je considère que j’ai plus d’argent que je n’en ai besoin, dit Serge. La meilleure chose que je puisse en faire, c’est d’en faire profiter un peu les autres. » Une conviction qui s’accompagne d’un souci d’équilibre. « Il faut bien sûr penser à l’avenir, trouver une harmonie entre ce qu’on garde et ce qu’on cède. Mais avec ce type de don, c’est beaucoup plus facile », admet-il.
« On contribue à plusieurs causes, on aide nos petits-enfants bien sûr… mais on espère aussi transmettre certaines valeurs », précise Carmen. Parmi elles, l’importance de redonner, lorsque les circonstances le permettent, et de le faire de manière réfléchie. Car elle et Serge ont appris qu’il est toujours possible, même après 20 ans d’engagement, d’évoluer, de donner différemment pour amplifier ce qu’ils faisaient déjà.