Portraits

Micheline Grondin lors de sa visite à la Faculté des sciences infirmières, accompagné de Marc Deschênes, directeur conseil - Dons majeurs et planifiés à la Direction de la philanthropie, et de Frédéric Douville, doyen de la Faculté. Crédit photo : Martin Simard

Micheline Grondin

Diplômée des sciences infirmières

Une infirmière qui donne au suivant

Micheline Grondin a consacré sa vie à soigner, soutenir et relever ceux qui croisaient son chemin. Depuis toujours, l’éducation et la solidarité guident ses choix. Aujourd’hui, ces valeurs prennent vie dans un généreux don destiné à soutenir des titulaires d’un DEC en sciences infirmières qui souhaitent poursuivre au baccalauréat.

Micheline Grondin voit le jour à Val‑d’Or, durant la Seconde Guerre mondiale. Fille d’un médecin, pionnier de l’Abitibi, elle accompagne très jeune son père lors de ses tournées en traîneau afin de prodiguer des soins aux membres des Premières Nations. Elle grandit ainsi dans un environnement où l’entraide et la générosité font partie du quotidien. Elle et ses trois sœurs deviendront infirmières, suivant les traces de leur mère et de leur grand-mère.

À Montréal, elle complète sa formation à l’Hôpital Saint‑Luc, obtient sa licence et amorce sa carrière. C’est lors d’une soirée entre amis à Québec qu’elle rencontre Jacques Francoeur, alors étudiant en médecine et président de l’Association générale des étudiants de l’Université Laval. Cette rencontre scelle une union exceptionnelle qui durera 64 ans. Après un passage à Toronto pour la résidence en neurochirurgie de Jacques, le couple s’installe à Québec, où ils fondent leur famille.

Concilier famille, profession et engagement

Pendant quelques années, Micheline Grondin met sa pratique professionnelle en pause afin d’élever leurs quatre enfants. En 1976, elle annonce toutefois son intention de retourner travailler. « Je ne le faisais pas par obligation. Je voulais contribuer activement à la société », affirme‑t‑elle.

Elle retourne au cégep pour renouveler sa licence, travaille de nuit aux soins intensifs de l’Hôpital Jeffery Hale, puis occupe par la suite un poste de coordonnatrice des soins. Parallèlement, elle entreprend des études universitaires en gestion des soins à l’Université de Sherbrooke, tout en poursuivant sa carrière et ses responsabilités familiales.

Faire grandir la profession infirmière

Au fil des années, Micheline Grondin contribue à l’évolution de sa profession. Elle participe à la rédaction des premiers actes médicaux délégués, un document fondateur qui contribue à élargir le champ de pratique des infirmières au Québec. Convaincue de l’importance de la formation universitaire, elle encourage ses collègues à poursuivre leurs études. « Il fallait sortir la profession de la technique pure. Le baccalauréat est un véritable tremplin pour approfondir la formation et les connaissances scientifiques des soignants », explique‑t‑elle.

C’est cette vision qui est au cœur du geste qu’elle a choisi de poser aujourd’hui, par la création du Fonds Micheline‑Grondin en sciences infirmières. Celui‑ci vise à soutenir des personnes issues de milieux à faible revenu, diplômées d’un DEC, dans leur parcours vers des études universitaires.

Un don profondément personnel

Par ce geste philanthropique, Micheline Grondin souhaite reconnaître le travail essentiel accompli chaque jour par celles et ceux qui choisissent de prendre soin des autres avec douceur, respect et humanité. Elle sait combien le parcours est exigeant, marqué par de longues heures, d’émotions intenses et d’un engagement sans relâche. Ce don se veut profondément personnel : celui d’une infirmière envers une communauté à laquelle elle appartient.

Les valeurs qui la guident prennent racine dans son enfance. Elle a grandi dans une famille où l’on rappelait que les conditions de naissance relèvent souvent du hasard et que la chance appelle la responsabilité. Sa fille Marie‑Claude Francoeur se souvient : « Chaque année à Noël, nous allions porter des paniers à une famille dans le besoin. Maman nous disait toujours : “Mettez l’objet que vous aimez le plus, pas ce dont vous ne voulez plus.” Elle nous disait aussi qu’on n’a pas choisi où on est né. Ce qu’on a reçu dans la vie, il faut le partager. »

Micheline Grondin lors de sa visite à la Faculté des sciences infirmières
Micheline Grondin lors de sa visite à la Faculté des sciences infirmières, accompagné de Marc Deschênes, directeur conseil – Dons majeurs et planifiés à la Direction de la philanthropie, et de Frédéric Douville, doyen de la Faculté. Crédit photo : Martin Simard

L’Université Laval, un choix naturel

Lorsque vient le temps de poser un geste pour l’avenir des sciences infirmières, l’Université Laval s’impose naturellement. Jacques Francoeur y avait étudié, Micheline y a suivi des cours et deux de leurs enfants y ont obtenu leur baccalauréat. Soutenir une université francophone de haut niveau, profondément enracinée dans sa communauté, relevait de l’évidence. « J’ai toujours dit à mes enfants que l’éducation est ce qui permet de se relever, peu importe la situation. C’est la base de tout », raconte‑t‑elle. Pour elle, prendre soin, aider et redonner à la communauté procèdent du même élan : celui du cœur et de l’esprit.

Son geste est une main tendue à celles et ceux qui continueront de faire vivre la compassion et les sciences infirmières — à ses yeux, la plus belle profession au monde, celle qui donne les outils pour transformer la vulnérabilité en dignité.

 

Une première bourse en 2026

La Bourse Micheline‑Grondin sera remise pour la première fois cet hiver. Chaque année, une étudiante ou un étudiant pourra poursuivre un rêve qui lui semblait hors de portée. Derrière, discrète mais déterminée, Micheline restera présente. Car chaque infirmière ou infirmier qui reçoit cette bourse transformera, à son tour, la vie de bien des gens.

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