Anne Morisset, diplômée en administration de l'Université Laval et 71e membre du programme philanthropique Les Cent-Associés. Crédit photo : Jérémy Goulet.

Anne Morisset

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« Quand on donne, ça fait du bien à tous, aux autres autant qu’à soi. »



Lorsqu’Anne Morisset revient à l’Université Laval, plus de quarante ans ont passé depuis son certificat en administration des affaires. Une formation qui a contribué à forger son parcours de gestionnaire et d’entrepreneure. Car c’est dans le secteur des concessions automobiles qu’elle bâtira par la suite une remarquable carrière, se taillant une place de choix dans une industrie alors en pleine transformation.

 

Une générosité venue de l’enfance

L’histoire d’Anne Morisset avec l’Université Laval prend aujourd’hui une tout autre dimension. Par son engagement philanthropique, elle soutient la Faculté de médecine et le Fonds ENFANT-CERVEAU de recherche et de transfert de connaissances sur la détection et l’intervention précoce chez l’enfant et l’adolescent dans les troubles psychiatriques. Grâce à ce don d’un million de dollars, elle devient la 71e membre du programme philanthropique Les Cent-Associés.

Le goût de donner est bien ancré dans les valeurs familiales. Son père, Louis Morisset, membre fondateur du Club Lions de Sainte-Foy Sillery, l’amène dans les rues de son quartier, où ils sollicitent des dons pour les personnes non voyantes. À Noël, ils portent des paniers aux familles qui en ont besoin.

Au sein de la famille Morisset, le travail occupe une grande place : son père possède entre autres la concession de Ste-Foy Toyota. Anne n’a pas encore l’âge de réfléchir à la philanthropie, mais dans la famille, l’ordre des choses ne fait pas de doute : il faut travailler, puis redonner au suivant.

 

Faire sa place

Après quelques années à Montréal, Anne revient à Québec avec le désir de poursuivre son développement professionnel. Elle s’inscrit à l’université et accepte un emploi à la réception de la concession familiale.

On l’entend parler aux clients, se soucier d’eux, communiquer comme peu en sont capables. Encouragée par ses collègues, elle fait ses débuts dans la vente automobile et connaît un succès rapide.

À une époque où peu de femmes occupaient ce type de fonctions, Anne se distingue par son professionnalisme, sa détermination et son approche centrée sur les besoins des clients. « Ce que j’aimais, c’était comprendre les gens et trouver des solutions pour eux », raconte-t-elle. Elle ne prétend pas tout savoir. « La transparence, c’était ma façon d’être », ajoute-t-elle. Elle avance ainsi, marche par marche, en touchant à tous les métiers de la concession.

En 1997, elle devient PDG de l’entreprise familiale avant d’acquérir, en 2001, la concession Boulevard Toyota et Boulevard Lexus. Son père conserve la concession Ste-Foy Toyota. Ils remportent tous les deux chaque année les prix de meilleurs concessionnaires au programme canadien du manufacturier. Ces dernières années passées ensemble comptent parmi les plus belles de sa carrière.

 

La passion contagieuse du Dr Maziade

À l’approche de la retraite, Anne s’est interrogée : que faire de ce que la vie lui a donné? Les causes se présentent une à une, comme on rencontre les gens. L’Alzheimer l’interpelle d’abord. Puis la Fondation CERVO, qui éveille sa curiosité sur la santé du cerveau. Autour d’elle, des histoires pointent dans la même direction, et elle ne peut pas tout soutenir. Il faut choisir.

Un soir, lors d’un souper entre amis, le Dr Michel Maziade lui raconte son projet en pédopsychiatrie, parle des jeunes, de l’importance de repérer tôt les troubles psychiatriques chez l’enfant. Cette fois, quelque chose s’accroche. Anne avait d’abord réfléchi à la fin de vie; ce soir-là, elle se met à penser au commencement. Si l’on intervient plus tôt, change-t-on ce qui survient après?

Admirative du projet mené par le Dr Maziade, elle choisit de soutenir le Fonds ENFANT-CERVEAU, afin de faire avancer la détection précoce, le diagnostic et le traitement préventif des troubles psychiatriques chez les jeunes, dont la schizophrénie, le trouble bipolaire, les troubles anxieux et la dépression majeure.

Anne Morisset a longtemps cherché où donner. Ce sont les rencontres qui l’y ont menée. Et quand on lui demande ce que la philanthropie lui rend, elle retourne dans les rues de son enfance, aux côtés de son père, et se souvient : « Quand on donne, ça fait du bien à tous, aux autres autant qu’à soi. »

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