L’engagement social au service d’un enjeu invisible
Après avoir obtenu une licence en droit à l’Université catholique du Congo, Giresse Mpey Ilimi a choisi l’Université Laval pour entreprendre une maîtrise en science politique. Passionné par l’enseignement et le partage des savoirs, il envisage de poursuivre ses études au doctorat.
C’est sur le campus qu’il découvre un enjeu qui le marquera profondément : l’insécurité alimentaire. D’abord attiré par le projet étudiant la Table du pain (Conférence Marie-Guyart) pour les occasions de socialisation et le désir de s’impliquer, Giresse prend rapidement conscience de l’ampleur du besoin. Chaque année, environ 1 200 demandes d’aide alimentaire sont formulées, et plus de 370 paniers sont distribués chaque semaine.
« On ne s’en rend pas toujours compte, mais c’est une réalité très présente. J’ai vu des étudiants contraints de choisir entre se loger, payer leurs droits de scolarité ou se nourrir », témoigne-t-il.
Une mission portée par la solidarité
Face à cette réalité, son engagement prend rapidement une dimension plus profonde. Guidé par son leadership et ses valeurs de solidarité, d’inclusion et de responsabilité sociale, Giresse s’investit activement au sein du projet étudiant. De bénévole, il devient tour à tour coordonnateur des bénévoles, vice-président, puis président. Il y consacre plusieurs heures chaque semaine, notamment lors des périodes achalandées comme la Guignolée annuelle de novembre, qui a lieu depuis plus de 20 ans.
La mission de la Table du pain va bien au-delà de la distribution de paniers alimentaires. Ce projet étudiant se veut aussi un espace d’écoute, de soutien et solidarité, où les étudiants peuvent socialiser, se confier et être orientés vers d’autres ressources du campus, qu’il s’agisse de cafés solidaires, de services d’aide ou de programmes de soutien financier.
« On met tout en œuvre pour que les gens se sentent à l’aise : musique, humour, discussions. Et si nécessaire, on réfère vers d’autres services », explique Giresse.
Briser le tabou, élargir l’entraide
Un des objectifs du projet étudiant est aussi de rejoindre les personnes qui hésitent à demander de l’aide, comme les étudiants internationaux nouvellement arrivés ou ceux qui doutent de leur légitimité à recevoir de l’aide alimentaire. Pour Giresse, briser le tabou est essentiel : « Personne ne devrait avoir honte de demander de l’aide. Chaque personne peut, à un moment de sa vie, traverser une période difficile. »
La Table du pain repose sur une communauté universitaire profondément engagée. Plusieurs bénévoles se présentent spontanément, et certains étudiants ayant bénéficié de l’aide reviennent à leur tour pour donner. Giresse souligne également la générosité des employés, professeurs et unités universitaires qui soutiennent ce projet étudiant année après année. « On voit que les gestes de solidarité se multiplient. Ça inspire, ajoute-t-il. Il y a beaucoup d’amour derrière ce projet. »
Cette chaîne de solidarité crée un cercle vertueux, où donner nourrit le sentiment d’appartenance et brise l’isolement. Il remarque que « les étudiants se sentent bien à donner. Ce n’est pas qu’un service, c’est une communauté. »
« Le diplôme de la Table du pain »
Au fil de son engagement, Giresse a été profondément touché par les témoignages de reconnaissance qu’il a reçus. « Certaines personnes nous ont confié que c’est grâce au soutien de la Table du pain qu’elles ont pu obtenir leur diplôme, que certains appellent même le “diplôme de la Table du pain”, et trouver un emploi », se souvient-il.
Ces histoires donnent tout leur sens à son engagement et rappellent l’impact concret de la solidarité universitaire. « Voir la joie dans les yeux des bénéficiaires, c’est ce qui nous motive à revenir et à continuer », confie-t-il.
Face à cet enjeu grandissant, Giresse lance un appel à la communauté universitaire : « Chaque don et chaque geste comptent. Ensemble, on peut offrir aux étudiants la sérénité nécessaire pour réussir. »
Soutenez, comme Giresse, la sécurité alimentaire auprès de notre communauté étudiante>