De gauche à droite : M. Paul Larocque en compagnie des panélistes : Mme Julie Couture, M. Antony Bertrand Grenier, et Mme Malia Kounkou.
De gauche à droite : M. Paul Larocque en compagnie des panélistes : Mme Julie Couture, M. Antony Bertrand Grenier, et Mme Malia Kounkou. Photo: Dominic Gouin

Comprendre la désinformation : une soirée éclairante pour les diplômées et diplômés de l’Université Laval

Plus d’une centaine de diplômées et diplômés de l’Université Laval se sont réunis au siège social de Québecor à Montréal le 26 mars pour une soirée consacrée à un enjeu devenu incontournable : la désinformation. Il s’agissait aussi, pour plusieurs, d’une belle occasion de renouer avec leur université et d’anciens camarades de classe.

Pour discuter de l’intarissable sujet qu’est celui de la désinformation, trois diplômés de l’Université Laval aux parcours complémentaires ont accepté l’invitation lancée par leur alma mater : Julie Couture, journaliste terrain et cheffe d’antenne à TVA depuis près de 30 ans, Antony Bertrand‑Grenier, physicien médical, ingénieur et doctorant en épistémologie, auteur d’un ouvrage sur la pensée critique, ainsi que Malia Kounkou, journaliste multiplateforme, réalisatrice-monteuse et fondatrice du média Chambre d’Écho.

Après le mot de bienvenue, la rectrice Sophie D’Amours a rappelé le rôle essentiel des universités dans la transmission du savoir et la formation de l’esprit critique. Un message qui a trouvé un écho particulier dans le contexte de la soirée.

La rectrice, Sophie D’Amours, lors de son allocution au Rendez-vous des diplômées et diplômés de l’Université Laval. Photo: Dominic Gouin

 

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor et hôte de l’événement, a ensuite réitéré son profond attachement à l’Université Laval, même s’il n’en est pas lui-même diplômé. Cet attachement s’explique notamment par le fait que son père, Pierre Péladeau, y a reçu un doctorat honorifique, et que son grand ami, feu le très honorable Brian Mulroney, en était un fier diplômé.

Pierre-Karl Péladeau, lors du Rendez-vous des diplômées et des diplômés de l’Université Laval qui avait lieu au siège social de Québecor. Photo: Dominic Gouin

 

Dès le début des échanges, menés habilement par le journaliste et animateur Paul Larocque, les panélistes ont brossé un portrait clair de la situation actuelle : la désinformation n’est pas nouvelle, mais l’intelligence artificielle et la vitesse de diffusion des contenus amplifient considérablement son impact. Julie Couture a expliqué comment les salles de nouvelles doivent redoubler de vigilance pour valider l’authenticité des images et des informations avant de les diffuser. « Dans un monde où tout va vite, il est nécessaire de ralentir et d’appliquer les principes journalistiques. Avant de publier, on doit s’assurer que l’information ait été confirmée par au moins deux sources crédibles. » Pour illustrer son propos, elle racontait une histoire récente où des médias ont partagé de fausses images de guerre pendant qu’elle et son équipe creusaient davantage pour atteindre le degré de certitude souhaité avant d’en faire la diffusion. L’image, pourtant très réaliste, avait été générée par l’intelligence artificielle et les médias qui l’avaient partagée ont ensuite dû rectifier le tir.

Inspiré par une étude publiée récemment par l’Académie de la transformation numérique – Université Laval qui nous apprenait que 42 % des répondants de 18-34 ans s’informent régulièrement par l’entremise d’influenceurs1, Paul Larocque a par la suite demandé à Malia Kounkou comment il était possible d’identifier les personnes qui livrent de l’information de qualité dans un environnement Web dépourvu de règles. Pour elle, il n’y a pas de recette magique. « C’est un peu de l’essai-erreur. C’est en écoutant, en analysant et en vérifiant le propos que l’on peut mesurer la qualité de l’information transmise. »

Les trois panélistes étaient unanimes : vérifier l’exactitude d’une information peut parfois être un exercice fastidieux et tout le monde, aussi rigoureux soit-il, peut être floué un jour ou l’autre. À ce sujet, Antony Bertrand-Grenier a lancé un appel à la vigilance. « Abordez toujours chaque nouvelle ou contenu comme si c’était le 1er avril. » À l’instar de Julie et Malia, il a insisté sur l’importance de remonter à la source pour vérifier la validité d’un contenu, mais en y ajoutant des balises. « Une affirmation ordinaire nécessite des preuves ordinaires, alors qu’une affirmation extraordinaire exige des preuves extraordinaires », en faisant référence au principe de Sagan qui stipule que le poids de la preuve doit être proportionnel à l’étrangeté ou à l’aspect surprenant d’une affirmation.

Photo: Dominic Gouin

Après le panel, les conversations se sont poursuivies lors du cocktail, tantôt entre diplômés, tantôt en compagnie des panélistes qui se sont volontiers joints aux convives. Un événement qui a non seulement donné place à d’intéressantes discussions, mais qui a aussi permis des rencontres touchantes, comme celle d’un diplômé avec une autrice particulièrement marquante pour lui ou celle d’une mère et d’une fille, toutes deux diplômées, qui ont choisi de sortir ensemble dans le cadre d’une activité organisée par leur université. Une soirée profondément humaine qui a rappelé que s’informer avec rigueur et curiosité demeure l’un des meilleurs remparts contre la désinformation.

Photo: Dominic Gouin

 

1 Source : https://transformation-numerique.ulaval.ca/wp-content/uploads/2026/02/netendances25-information-desinformation-cybersecurite.pdf

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