Les multiples visages du leadership : la rectrice s’entretient avec des diplômées et diplômés qui donnent l’exemple à leur façon

Le 13 octobre, le Grand rendez-vous des diplômées et diplômés réunissait la communauté universitaire pour une réflexion sous le thème « Leadership et pouvoir d’influence: créer un impact durable », dans l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, s’est d’abord entretenue avec Denis Dubois, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins et diplômé de l’École d’actuariat, avant de discuter avec quatre personnalités nommées parmi les diplômées et diplômés de l’année 2025.

 

Le leader de Desjardins partage sa vision

Devant une salle comble réunissant près de 240 personnes, cinq invités de marque ont partagé leur vision du leadership et livré des exemples tirés de leur parcours.

Pour le premier entretien de la soirée, il a notamment été question de la responsabilité des leaders et des organisations dans un monde de grands bouleversements. Du côté de l’université, la rectrice soulignait l’importance de donner les outils aux étudiantes et étudiants pour les préparer aux défis actuels et futurs de notre société. Pour le Mouvement Desjardins, M. Dubois insistait davantage sur le devoir d’écoute et d’accompagnement des membres de la coopérative. « L’augmentation du coût de la vie est une grande préoccupation, aujourd’hui. On l’entend partout. Donc, on essaie de faire notre part en appuyant des projets de logements abordables et en favorisant l’accès à la propriété. »

Denis Dubois, Président directeur général du Mouvement Desjardins et la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours.
Denis Dubois, Président directeur général du Mouvement Desjardins et la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours. Crédit photo : Jérémy Goulet.

 

Entré en fonction à titre de président-directeur général du Mouvement Desjardins en septembre 2025, Denis Dubois identifie l’importance d’être bien entouré, l’audace et l’ambition comme des éléments clés qui ont contribué à son ascension au sein de l’organisation.

Quant à ses années universitaires, il en garde d’excellents souvenirs. « J’y ai développé la rigueur, l’analyse et la discipline, mais j’ai aussi créé des liens d’amitié qui dure encore aujourd’hui. Le volet social a occupé une grande place dans mes études. J’ai aussi développé une dépendance au jeu vidéo Tetris pendant ma première année de baccalauréat. J’ai dû arrêter complètement ensuite parce que ça nuisait à mes études », confie-t-il à la blague.

Denis Dubois a aussi tenu à annoncer le renouvellement du partenariat entre le Mouvement Desjardins et l’Université Laval. Un engagement de 1,5 million de dollars visant à soutenir la formation, la recherche et l’innovation au sein de l’établissement. « Nous sommes fiers, chez Desjardins, d’investir concrètement dans la relève pour l’aider à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. »

Pour l’Université Laval, ce renouvellement témoigne de la solidité d’une collaboration qui dure depuis plus de 50 ans. « Les grands partenariats se mesurent autant à leur longévité qu’à leur capacité d’évoluer », mentionne la rectrice.

 

La parole aux diplômées et diplômés de l’année

La deuxième partie de l’événement donnait la parole à quatre diplômés : Gaston Déry, ingénieur forestier et pionnier de la foresterie urbaine au Québec, Allison Van Rassel, communicatrice culinaire et entrepreneure, Marilie Cormier Gaudet, directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Centre-du-Québec et Marie-Eve Roy, ingénieure forestière et spécialiste du transfert des connaissances. Elles et ils avaient été nommés, par un comité au sein de l’Université, Diplômées et Diplômés de l’année 2025 après avoir reçu des honneurs dans leurs domaines respectifs.

Marie-Eve Roy, Gaston Déry, Denis Dubois, Sophie D’Amour, Allison Van Rassel et Marilie Cormier Gaudet.
De gauche à droite : Marie-Eve Roy, Gaston Déry, Denis Dubois, Sophie D’Amour, Allison Van Rassel et Marilie Cormier Gaudet. Crédit photo : Jérémy Goulet.

 

Invités à définir leur propre conception du leadership, les panélistes ont illustré la diversité des formes qu’il peut prendre.

Le leadership collaboratif est la forme qui définit le mieux l’approche de Gaston Déry. « Il n’y a pas un moment ou un événement précis qui explique l’influence et le leadership que j’ai pu développer au cours de ma carrière. C’est l’ensemble de l’œuvre. Et la vérité, c’est que, sans mes équipes de travail, sans la contribution des personnes qui ont croisé mon parcours, je ne serais pas ici aujourd’hui. »

Du côté d’Allison Van Rassel, le plaisir est à la source de son influence. « Je crois que c’est ce qui donne envie aux gens de me suivre. » Humble, elle identifie le moment où Radio-Canada l’a contactée pour lui offrir d’être chroniqueuse dans l’émission Bien dans son assiette comme étant décisif dans sa carrière « On dirait que je ne comprenais pas pourquoi on m’avait choisi, mais j’ai accepté. »

Marilie Cormier Gaudet, elle, se définit davantage comme un capitaine de bateau. « Au CAVAC, les intervenants sont essentiels. Ce sont eux qui offrent les services. Moi, mon rôle, c’est davantage de donner une direction et de partager ma vision. »

Pour Marie-Eve Roy, elle explique son leadership par sa passion et son approche humaine. « Je veux que les gens autour de moi se sentent bien ».

 

Le public invité à participer

Plusieurs questions ont donné lieu à des échanges particulièrement riches entre les panélistes et le public.

Les participants ont notamment été invités à répondre, par l’entremise d’une application Web et de façon dichotomique, à l’affirmation « La franchise devrait-elle, oui ou non, toujours primer sur la diplomatie? ». Alors que la question divisait quasi également l’auditoire, les panélistes étaient unanimes : la franchise doit primer. « Une main de fer, dans un gant de velours », disait Gaston Déry. Par respect pour soi et pour l’autre, la vérité doit prévaloir. Denis Dubois tenait toutefois à préciser. « On a tendance à mettre en opposition les deux termes, mais ils peuvent très bien coexister. »

L’entretien a entre autres permis de mettre en lumière l’importance de l’équilibre entre l’authenticité, l’écoute et la capacité d’adaptation. Les panélistes ont également partagé des réflexions sur les moments charnières qui ont renforcé leur confiance comme leaders ainsi que sur la place de la vulnérabilité dans l’exercice du leadership. « Pour moi, la vulnérabilité est essentielle, confie Marie-Ève Roy. C’est ce qui nous rend humain. »

 

À la suite des échanges avec les panélistes, les diplômées et diplômés se sont réunis à l’Atrium Jean-Guy-Paquet pour un cocktail convivial propice aux échanges et au réseautage. Crédit photo : Jérémy Goulet.

 

Crédit photo : Jérémy Goulet.

 

Un impact au-delà du rôle

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : le leadership ne repose pas nécessairement sur un titre ou une position d’autorité, mais sur la capacité d’influencer positivement son entourage, de mobiliser autour d’une vision et de contribuer à quelque chose qui dépasse ses intérêts individuels.

Qu’il s’agisse de finance, de foresterie, d’entrepreneuriat, de gestion ou de communication, les invités ont démontré que l’impact durable se construit à travers des gestes cohérents, une vision à long terme et un engagement envers les autres. « C’est le travail d’une vie. Le fleuve coule lentement, mais il arrive toujours à la mer », philosophe Gaston Déry.

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