Depuis plus de 30 ans, Andrée Suzanne Hest vit dans la région de San Francisco. Une carrière riche et florissante, menée de l’autre côté du continent, là où l’océan Pacifique redessine l’horizon. Pour cette diplômée en pharmacie (1989), son sentiment d’appartenance envers l’Université Laval a pourtant résisté au poids des kilomètres.
Le parcours d’Andrée Suzanne Hest n’a rien de linéaire. Après quatre années d’études en biochimie, elle ressent le besoin de se rapprocher du patient, du soin, de l’impact immédiat. Elle choisit alors la pharmacie et débute son doctorat de premier cycle à l’Université de Montréal. C’est toutefois à l’Université Laval qu’elle complète son parcours universitaire en y faisant sa résidence — une étape déterminante de 18 mois qui façonnera sa vision du métier.
À Québec, elle approfondit son intérêt pour la pédiatrie, un domaine exigeant où chaque décision compte. Elle y découvre une pharmacie résolument clinique, loin de l’image cloisonnée que la profession traîne encore parfois. « On apprenait vraiment au contact du réel. J’ai vécu une très bonne expérience à Laval, qui m’a si bien préparée pour ce qui m’attendait par la suite », résume-t‑elle.
Un événement vécu durant sa résidence restera gravé dans sa mémoire. Lors d’une tournée des chambres, un médecin l’observe avec étonnement. Pour lui, la pharmacie était un lieu retiré, au sous-sol, où l’on prépare les médicaments bien loin des patients. Moins de trente minutes plus tard, un arrêt cardiaque survient. Andrée Suzanne est aussitôt là. Elle connaît parfaitement les protocoles, les concentrations, les médicaments à administrer. Dans l’urgence, son expertise fait la différence. Le médecin comprend alors ce que signifie la présence d’un pharmacien au cœur des soins. À partir de ce jour, il demandera toujours qu’Andrée Suzanne fasse partie de l’équipe, aux côtés des médecins et infirmières. « Ma formation à l’Université Laval m’avait appris que l’interdisciplinarité était un atout précieux pour offrir des soins aux patients », confie‑t‑elle. C’est cette conviction qui guidera la suite de son histoire : la pharmacie clinique se vit sur le terrain.
L’expérience américaine
Après ses études, Andrée Suzanne Hest travaille à Québec, puis au Montreal Children’s Hospital. Lors de l’entrevue d’embauche, son parcours attire immédiatement l’attention.
« La personne qui me passait en entrevue a été ravie de voir que j’avais fait ma résidence à Laval. C’est dire combien l’Université et la Faculté de pharmacie avaient bonne réputation. »
Quelques années plus tard, Andrée rencontre celui qui deviendra son conjoint, originaire de la Californie. Elle choisit de le suivre jusqu’à San Francisco. Elle repasse ses examens, s’adapte au système américain et intègre le California Pacific Medical Center, affilié à l’Université Stanford. Elle y a fait carrière pendant plus de 30 ans. Pharmacienne clinicienne en oncologie pédiatrique, elle y a dirigé le département de pharmacie, travaillant étroitement avec les équipes médicales auprès d’enfants atteints de cancer.

Fidèle à ses racines
Malgré l’éloignement, Andrée Suzanne Hest n’a jamais perdu de vue son alma mater et n’a jamais hésité à affirmer d’où elle venait : « J’ai toujours été fière de dire que j’ai fait mes études au Canada et ma résidence à l’Université Laval, parce que ça a changé ma carrière. Les portes se sont ouvertes plus facilement par la suite. » Reconnaissante pour cette étape fondatrice de sa vie, elle soutient depuis plus de 20 ans la Faculté de pharmacie. Pour elle, il s’agit d’un acte de gratitude envers une institution qui lui a offert une formation rigoureuse, reconnue et profondément humaine.
Aujourd’hui retraitée, Andrée Suzanne Hest poursuit son engagement par un don testamentaire destiné à la pharmacie pédiatrique en milieu clinique.
« Les enfants et les adolescents sont parmi les patients les plus vulnérables face au cancer, et ils représentent l’avenir de notre société, dit‑elle. Je souhaite contribuer à ce que les soins qui leur sont offerts soient toujours à la hauteur des défis qu’ils doivent affronter. »
Un engagement qui traverse les frontières
Même si son passage comme résidente remonte à fort longtemps, Andrée Suzanne a un message pour les diplômées et diplômés internationaux comme elle : « Il faut redonner à ceux qui nous ont beaucoup offert. L’Université Laval m’a donné les outils pour exercer mon métier au plus haut niveau et bâtir la vie à laquelle j’aspirais. »
À l’autre bout de l’Amérique du Nord, le lien qui la relie à son alma mater continue de guider sa générosité et de faire vibrer l’esprit de la Faculté de pharmacie.